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L’Accompagnement spirituel : un double enjeu ecclésial et apostolique


L’accompagnateur est le témoin privilégié d’un double mouvement dans la vie de l’Eglise. Ce que partagent les hommes et les femmes dans ce Mouvement chrétien témoigne de l’Evangile et réalise une petite part de la présence du Ressuscité dans le monde, spécialement dans le champ des responsabilités professionnelles et sociales. Ce qui se vit dans ce domaine a besoin d’être porté à la connaissance de l’Eglise. Cela peut l’aider à repérer des forces plus larges qui travaillent la société et qui influencent la vie de ses membres. Ce double questionnement souligne la force du lien qui unit le MCC à l’Eglise. Le MCC ne peut se passer d’accompagnateurs fortement intégrés dans la vie diocésaine et dans les articulations actuelles de l’Eglise : paroisses, services, mouvements.

Qui appeler pour accompagner ?

Qui sont les accompagnateurs aujourd’hui ? Les statistiques, qui remontent à deux ans, font état de sept cents équipes accompagnées par six cents accompagnateurs se répartissant en une soixantaine de laïcs, une dizaine de religieuses (dont deux coordonnent des aumôneries de région), une dizaine de diacres permanents (dont un aumônier de région et un de secteur), une centaine de religieux (prêtres pour la plupart), plus de quatre cents prêtres diocésains (dont la plupart des aumôniers de secteurs et de régions). Très nombreux parmi eux, sont ceux qui occupent des charges importantes dans leurs diocèses ou qui enseignent en séminaire.

Cet aperçu ne doit pas tromper : s’il demeure vrai que beaucoup de prêtres trouvent un intérêt personnel et pastoral à rejoindre le MCC, leur disponibilité diminue. Dans certains diocèses, l’évêque ne peut plus nommer d’aumônier.

De plus, l’orientation actuelle de l’Eglise sur la dimension spirituelle et formatrice de la foi dessert les mouvements qui sont davantage présents dans les rouages de la société.

Les personnes à appeler prioritairement pour l’accompagnement sont :

- Les laïcs, parce qu’ils sont invités à prendre leur part de la dimension spirituelle de leur engagement chrétien dans la société (et non d’abord pour des raisons de nombre).

- Les diacres permanents, dont la mission comporte souvent une attention privilégiée au milieu socioprofessionnel auquel ils appartiennent.

- Les jeunes prêtres et religieux apostoliques : nombre d’entre eux ont souvent eu tout ou partie d’une formation de cadres ou de responsables. Beaucoup sont aussi intéressés par les situations de la vie économique et les questions qu’elle pose. Au plan pastoral, l’accompagnement d’une équipe peut être une excellente école pour l’exercice de ministères davantage basés sur l’écoute, le discernement et la conversation.

Enfin, nous sommes conviés à inventer des formes et des manières d’accompagner, car le modèle d’une équipe accompagnée par un prêtre est de plus en plus improbable. Rien n’empêche de vivre un accompagnement laïque, et de demander, sur une question précise, la présence d’un prêtre, d’un théologien ou d’un responsable diocésain, quitte même à regrouper quelques équipes, ce soir-là.

Qui appelle à l’accompagnement ?

Chaque équipe reçoit du Mouvement un accompagnateur (qui peut être prêtre, religieux–se, laïc) désigné par l’aumônier ou l’accompagnateur de secteur lui-même nommé par l’évêque du lieu(1). Ce point est important : c’est le Mouvement, en général l’aumônier de secteur (c’est-à-dire du diocèse), lui-même nommé par l’évêque, en accord avec les responsables de secteur et l’aumônier de la région, qui donne un accompagnateur pour cheminer avec une équipe. Eventuellement, il confirme l’accompagnateur dans sa mission auprès d’une équipe, après s’être assuré de sa connaissance du MCC et des principaux documents du Mouvement, voire aussi, si besoin est, d’une formation pouvant l’aider dans sa tâche.

Ce n’est donc ni l’équipe qui se donne un accompagnateur de son choix, ni un prêtre qui décide de « faire du MCC » avec un groupe de laïcs qu’il a en charge. Il est essentiel qu’une équipe qui se crée, même dans un lieu isolé, soit en lien avec le Mouvement et avec l’Eglise locale.

Former à l’accompagnement est une nécessité

L’accompagnement est certes un charisme - des personnes peuvent développer naturellement une pratique de l’écoute et de la compréhension des autres - mais ce talent a besoin d’être cultivé. L’accompagnement dans la foi et l’aide au discernement personnel et en groupe ne s’improvisent pas. Ils s’acquièrent par une formation sérieuse et reconnue.

Une telle formation, doit pouvoir se faire en région ou interrégionalement. Il existe d’assez nombreuses possibilités :

- L’accompagnement fait partie du programme de formation de certains diocèses, ainsi que de centres spirituels ou de séminaires. Ces formations sont toutefois inégales dans leur contenu et leur visée.

- Dans diverses villes de France, des jésuites, des religieuses et des laïcs de spiritualité ingnatienne proposent des formations au discernement et à l’accompagnement personnel ou de groupe : ainsi à Toulouse, Rouen, Grenoble, Lille (Hautmont).

- Une équipe nationale de formation animée par Christian Mazars offrent des formations ponctuelles à partir de modules de formation. Elle se déplace, à la demande, en région, pour un temps et un contenu à définir selon les besoins, les possibilités, les objectifs : écoute, discernement, rapport à l’Ecriture, conditions de l’accompagnement… Tel membre de cette équipe participe aussi, à la demande, à une réunion d’équipe de secteur ou de région.

Sur ces questions d’accompagnement spirituel, il convient aussi de « faire mouvement » et de mettre en commun les expériences et les initiatives. Les structures ecclésiales qui ont eu cours jusqu’ici pour l’animation et l’accompagnement du Mouvement ne suffisent plus. Etre chrétien aujourd’hui, ce n’est plus simplement être un fidèle mettant en pratique sa foi là où il vit, avec l’aide d’un Mouvement apostolique ou spirituel. C’est être un témoin de Jésus-Christ, en relisant et orientant sa vie avec d’autres, pour contribuer à l’édification d’une Eglise vivante.

C’est la vitalité du Mouvement, sa pertinence pour la foi de chacun et pour notre environnement social et ecclésial, qui donnera envie à d’autres de nous rejoindre, comme membres ou comme accompagnateurs.

1. Livret d’équipe, p.6, (ch. « Place du MCC dans la vie de l’Eglise »)

 


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