Diaconia 2013 en Val de Marne

Diaconia 2013 en Val de Marne

Au service de nos frères dans nos responsabilités professionnelles


La vie professionnelle occupe une place critique dans notre existence. Elle conditionne souvent tout le reste, vie familiale, vie personnelle, localisation

Notre « performance » dans l’exercice de nos professions est indissociable de ce que nous sommes profondément, y compris dans notre vie de chrétien et dans nos engagements. Ce qui n’est pas sans poser sans créer des tensions. Entre merveilles et fragilités

Le milieu professionnel, fait de réalités économiques, sociales, techniques, est aussi un lieu de rencontre avec des femmes et des hommes de tous horizons, de toutes origines, de toutes croyances.

C’est notre champ d’action quotidien, au service de nos frères. Le MCC est un lieu privilégié pour partager, examiner, relire cette vie professionnelle. L’équipe permet une relecture élargie, enrichie des expériences, des paroles de ses membres.

- Témoignage de l’équipe Vincennes 1

Lors de sa réunion de rentrée, cette équipe s’est donnée comme projet de choisir une partie de ses thèmes de l’année 2012-2013 autour du service de nos frères, et de contribuer au fil de l’année au livre des merveilles et des fragilités de la Paroisse Notre Dame de Vincennes, par les échanges de la soirée et par ce qu’ils sèmeront ensuite dans les responsabilités de chacun.

Voici quelques points forts qui sont ressortis des témoignages de cette soirée :

— Les vertus du dialogue dans l’entreprise : dans une situation de blocage entre deux collègues, l’incitation au dialogue par une « sentinelle », a permis de renouer un contact perdu de longue date entre un membre de l’équipe et un collègue. Le dialogue, éprouvant par les mots parfois très durs qui ont été dits, commence à porter ses fruits.
La discussion a conduit à proposer de retourner vers la « sentinelle », qui s’avère vivre dans une grande solitude.

La charité n’est pas accepter tout, mais faire grandir l’autre : ce message d’espérance est ressorti d’un témoignage sur une situation de conflit où une personne en fin de carrière se trouve progressivement mise sur la touche par l’évolution des compétences autour d’elle : comment concilier le bon fonctionnement collectif de l’entreprise et le maintien d’une place valorisante pour elle ? A-t-on suffisamment cherché à faire progresser ses collègues au fil du temps, en leur proposant des formations, en valorisant leurs talents, en prenant le temps de la discussion, éventuellement critique, pour ne pas laisser se développer une telle situation ?

Être en sentinelle vis-à-vis de potentiels « burn-out » qui sont fréquents autour de nous (la personne qui est touchée, même si elle a bien remontée la pente, se trouve ensuite cataloguée au sein de son entreprise).


- Équipe Nogent 11 : La fraternité a un prix !

VIRGIN va déposer le bilan et la fermeture du magasin des Champs Elysées est probable vu le prix du m². La FNAC est aussi en difficulté (le groupe Pinault veut vendre mais ne trouve aucun acquéreur). Voilà en une grosse vingtaine d’années un « business model » qui s’effondre, en partie à cause d’internet mais à mon avis pas seulement. Le développement technologique par nature transforme les modes de vie. Peut-être plus vite qu’autrefois, ce qui réduit le temps d’adaptation et rend les conséquences plus brutales.

Ce qui a tué tout autant qu’internet le modèle du magasin spécialisé, c’est qu’on n’y trouve plus personne. A force de réduction de coûts et donc de suppression de postes, les actionnaires et les dirigeants ont supprimé ce qui a fait en partie leur succès initial. Plus aucun vendeur ? Plus aucun conseil ? Que des caissiers (et encore) ? Alors oui, aucune raison de ne pas aller sur Internet. Plus rapide, moins cher. Le développement technologique et les modes d’organisation semblent éliminer de nombreuses occasions de contact physique : internet évidemment, des caisses automatiques partout, plus de guichetiers pour les renseignements, des boites vocales, plus de vendeurs,

un paiement électronique, des badges d’accès, le télétravail. Nous pourrions bientôt vivre au contact de plus de machines que d’hommes et de femmes. Sauf que…

Ce qui est parti avec les salariés, plus profondément, c’est une occasion de « fraternité ». Les réactions des clients citées par Metro, ce sont les nôtres… (voir en fin d’article ci-dessous). Si dans nos choix d’organisation du travail, dans nos choix quotidiens de citoyens et de consommateurs, nous considérons seulement le prix et/ou le coût, alors où sera la fraternité demain ? Uniquement dans les sermons des messes du dimanche ? La fraternité disparaîtra-t-elle au point de devenir une revendication ? Une contre-culture promue par une minorité ?

Ou bien se réduira-t-elle à un communautarisme autarcique par une forme d’ignorance croissante qui engendrera la peur de l’autre ? Plus loin on peut y voir là une caricature de ce qui pourrait nous attendre si nous continuons à oublier qu’au-delà de l’employé, il y a un homme ou une femme qui m’apporte son savoir et sa compétence, qu’il ou elle a une valeur cachée : celle de la fraternité, celle de la rencontre, celle du face à face humain.

Quelle qu’en soit la raison, toute rencontre en face à face est une occasion de signifier la fraternité. Une occasion de découverte d’un autre. Une occasion d’échange, y compris d’un service contre une rémunération. Donc une occasion de changer notre regard. Prenons-y garde car si les autres n’existent plus à mes yeux, alors je n’existerai pas plus pour eux.

Le bon samaritain – le Christ lui-même, selon certains Pères de l’Eglise nous rappelle Benoit XVI – nous montre le chemin. « Va et toi aussi, fais de même ». A chacun d’agir, là où il exerce ses responsabilités.

En difficulté économique, le distributeur de biens culturels Virgin pourrait être placé en cessation de paiement. Une situation contre laquelle se dressent les salariés, parmi lesquels ceux du Virgin Megastore des Champs-Elysées et qui interpellent les clients.

En apparence, un lundi normal au Virgin Megastore des Champs-Elysées, fer-de-lance du groupe de distribution de biens culturels. Habitués du quartier et touristes balayent les rayons du regard, les vendeurs s’activent mais semblent toujours sous le coup de l’annonce de la probable mise en cessation de paiement de leur entreprise. Un détail trahit le contexte pesant dans lequel ils travaillent : une pétition disponible à l’accueil du magasin, comme sur Internet, que les clients sont invités à signer pour défendre les employés du magasin. Ces derniers se livrent d’ailleurs difficilement sur la situation du Megastore - où travaillent plus de 180 personnes - bien qu’ils aient conscience depuis longtemps déjà des difficultés de leur Virgin.

"C’est la colère qui prédomine"

Face à une direction qui "ne communique pas", regrettent certains, ils ne désarment pas. L’un d’eux assure d’ailleurs que la mobilisation prévue mercredi sera très suivie, à l’image des dernières grèves engagées au 52 de l’avenue des Champs-Elysées. "C’est la colère qui prédomine", explique le délégué Force ouvrière Franck Joannes. "On est les premiers concernés et les derniers au courant", dénonce cet employé qui a plus de vingt ans de maison. Selon lui, la direction n’a rien fait depuis des années pour anticiper "la concurrence déloyale de site comme Amazon", citant les propositions de déménagement du magasin coûteux des Champs ou la pertinence de mettre en place des corners, à l’image de ce qui se fait dans différentes enseignes de prêt-à-porter, notamment. Aujourd’hui il désigne Butler, propriétaire de l’enseigne, comme responsable de la situation. "C’est à lui de payer et de trouver une solution", explique le syndicaliste.
Parmi les clients, la perspective de la fermeture du magasin suscite des réactions tranchées.

Il y a ceux comme Nicolas, 26 ans, client occasionnel du Virgin mais régulier des sites de vente sur Internet, que cette fermeture possible n’affecte en rien. C’est aussi le cas de Léa, 29 ans, sac Virgin à la main, qui trouve l’environnement trop bruyant et vient rarement y faire ses achats de toutes façons. Karine, 48 ans, consomme, elle aussi, sur Internet en raison des prix et du service livraison mais se dit "fautive", regrettant l’impact qu’une telle démarche a sur l’emploi. C’est également le point de vue d’une jeune cliente, qui se dit littéralement "écœurée" par la situation du Megastore, ou de Valérie qui se rend souvent au Virgin qu’elle trouve "très pratique". "On supprime des postes et le client n’est pas gagnant", juge cette quadragénaire, qui vient de signer la pétition et regrette que "le contact avec le client se perde". "La défense de l’emploi, ce n’’est pas la priorité du gouvernement ?", conclut-elle, ironique.

 


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