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Jacques Barrot, un chrétien engagé en politique : une amitié de 50 ans, par François Eck

J’ai eu le plaisir de connaître Jacques en 1964, il y a 50 ans. Nos rencontres, d’abord très fréquentes se sont espacées en même temps que ses responsabilités devenaient plus prégnantes. Rendez-vous venait d’être pris pour un déjeuner le 20 janvier !

Ancien séminariste comme on le sait, comptant une sœur religieuse, il est conduit à bouleverser complètement son projet de vie : atteint de tuberculose attrapée lors de son service militaire en Algérie, il doit se faire soigner pendant une grande année au sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet. Il mettra à profit ce temps pour méditer, prier, réfléchir. À sa sortie, il choisit de préparer une carrière d’avocat. C’est dans ce contexte que je fis sa connaissance à l’occasion d’un week-end animé par un dominicain et organisé dans notre propriété familiale normande. Étudiant à Sciences-po, où nous nous retrouvions également, il eut la douleur de perdre prématurément son père, terrassé par une crise cardiaque à l’Assemblée nationale dont il était questeur. C’est l’origine de sa « success story » : il devient le plus jeune député de France, après avoir été un étudiant tardif. Pour la petite histoire, il obtient le diplôme en juin 1967 avec, comme sujet au grand oral, « la crise du parlementarisme en France » !

Chrétien engagé, affichant avec naturel et conviction sa foi, il a toujours entretenu des relations étroites avec l’Église ou d’autres hommes de même sensibilité comme Michel Camdessus ou Jérôme Vignon, tout en restant très respectueux de la laïcité. Homme d’une grande sensibilité, parfois un peu tourmenté, il restera pour beaucoup de ceux qui l’ont rencontré comme quelqu’un capable de piquer d’homériques colères… Européen convaincu il le doit, je le pense, à son père et à l’échec de la Communauté européenne de défense rejetée par l’Assemblée en août 1954 : il avait 17 ans et évoquait volontiers cet échec dans la réconciliation franco-allemande qu’effacera heureusement le traité de Rome.

Doté d’une formidable énergie et d’une volonté farouche, il sera souvent saisi par le doute mais saura continument se révéler habile diplomate et très fin négociateur. Il a beaucoup fait, il a su faire fructifier les nombreux talents reçus en héritage… Il ne faudrait pas tomber dans l’hagiographie, Jacques avait aussi ses zones d’ombres, son jardin secret… Je ne doute pas que, là où il se trouve aujourd’hui, il est heureux, lui qui, plus que beaucoup d’autres, a su conduire sa vie à la lumière de l’Évangile.

François Eck, trésorier de l’USIC

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