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La crise nous appelle à considérer l’avenir d’un oeil neuf
" Toute personne expérimente en elle un élan pour aimer de manière authentique : il s’agit là de la vocation déposée par Dieu dans le coeur et l’esprit de chaque homme " », écrit le pape Benoît XVI au début de son encyclique Caritas in veritate. Pour vous membres et amis du MCC, pour vous lecteurs de Responsables, je voudrais, au seuil de cette année 2010, reprendre et transformer en voeux ces paroles du pape.
Que l’amour et la vérité dont Jésus s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection soient la force dynamique essentielle de chacun de vous. Que cet amour soit une force extraordinaire qui vous pousse à vous engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix. Que chacun de vous trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a sur lui.
Vous trouverez peut-être ces voeux trop exigeants ou irréalistes !
Pourtant, lors du dernier Conseil national du MCC et en vue du
Congrès ou des Rencontres nationales de janvier 2011, nombreuses
ont été les voix pour dire que la crise de ces deux dernières années
nous appelait à considérer l’avenir d’une oeil neuf, notre modèle de développement économique
n’étant pas durable.
Cette idée n’est pas nouvelle. Bien des instances de l’ONU, depuis
les années 50, le rapport du Massachusetts Intitute of Technology, relayé par le Club de Rome dans les années 70, la commission
Brutland en 1987, le Sommet de Rio en 1992… n’ont cessé de tirer un signal d’alarme.
Ce qui est nouveau, peut-être, c’est que chacun peut comprendre aujourd’hui, quelle que soit
sa place dans la société, ses responsabilités, ses marges de manoeuvres, qu’il a un rôle à jouer.
Dans Caritas in veritate, le Pape nous y encourage. En plus d’un texte dense aux analyses sans concession, en plus d’une référence constante à l’oeuvre de Paul VI, en plus des ancrages dans l’enseignement social de l’Église (dignité inaliénable de la personne humaine, bien commun, principe de subsidiarité…), je voudrais retenir trois points que Benoît XVI nous invite à méditer.
Selon l’enseignement de Jésus, l’amour de Dieu, l’amour de soi et l’amour du prochain naissent et grandissent ensemble. L’amour de Dieu étant premier. Aussi, dans notre monde où de puissantes forces de mondialisation sont à l’oeuvre, mon développement personnel exige que je « m’inquiète » de celui de l’humanité. Enfin, contre tous fatalismes pseudo-scientifiques (lois du marché ou autres), le Pape rappelle que « les fins de l’action sont toujours éthiques ».
Qu’elles relèvent des choix faits par les hommes, qu’elles doivent être au service de l’homme et de l’humanité. Il en va là de la responsabilité de chacun. Participant d’une manière ou d’une autre au MCC comment ne pas nous sentir appelés à aller ainsi de l’avant ?
Très bonne année
Bernard B., sj
aumônier national