n°396 - juillet/août 2009
Pour un offertoire de confiance
Avec le PAIN, en cet instant présenté,
Nous te confions notre FAIM à combler :
Celle du créateur d’entreprise,
Pour une entente, avec son associé, enfin retrouvée,
Celle du détenu,
Pour une dignité, par ses frères, toujours respectée,
Celle des conjoints,
Pour une inquiétude ,ensemble, apaisée,
Celle des plus jeunes,
Pour un avenir, progressivement dessiné.
Oui, avec le poids de ce pain, fruit du travail des hommes,
Reçois Seigneur notre confiance toujours réaffirmée.
Avec le VIN, en ce moment célébré,
Nous te confions notre soif à étancher,
Soif de dépasser les barrières et les peurs
Pour tenter d’être, dans le sillage de la Samaritaine,
Des porteurs d’espérance,
Soif d’accepter les risques de la foi
Pour tenter d’être, à la suite du centurion,
Des tuteurs de confiance,
Soif d’aider nos frères, par le travail perturbés,
Pour tenter d’être, avec nos équipes,
Des médiateurs de fraternité.
Oui, avec le vin tiré, fruit de la vigne et du travail des hommes,
Reçois Seigneur notre volonté renouvelée d’aimer.
n°395 - juin 2009
En chemin vers Pentecôte
Aujourd’hui, Seigneur,
je te suis sur le sentier broussailleux
où il faut pardonner
alors que je préférerais rendre les coups,
être le plus fort et avoir raison.
Aujourd’hui, Seigneur, je te suis
sur le sentier étroit de mon travail à terminer
et sur le sentier fatiguant des services à rendre.
Pourtant je traînerais volontiers
sur la large route de la paresse et de l’indiff é rence.
Aujourd’hui, Seigneur, je te suis
sur le chemin détrempé
où l’on fait le premier pas vers les autres
alors que j’aimerais mieux rester au chaud dans ma tranquillité.
Je te suis, Seigneur, chaque jour,
sur tous les sentiers, et c’est ainsi qu’autour de moi
naissent le rire et l’amitié et la joie !
Anonyme, édité sur le site de Port Saint Nicolas
n°394 - mai 2009
Prière de l’artisan
(Prière des copistes et enlumineurs du haut moyen âge,
sans doute d’origine anglaise)
Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me
donnes pour travailler, à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées
sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter,
à imaginer l’oeuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au coeur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble Toi-même les vides de mon oeuvre, Seigneur !
Dans tout le labeur de mes mains, laisse une grâce de Toi pour
parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
Garde en moi l’espérance de la perfection,
sans quoi je perdrais coeur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection,
sans quoi je me perdrais d’orgueil.
Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal,
et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.
Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là
où il y a du travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour,
et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même
et aux autres et à Toi, Seigneur !
Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il
m’appartient de te le rendre en le donnant ; que si je le fais par goût
du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ; que si je le fais
pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ;
mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ;
et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite, Amen !
Anonyme, édité sur le site de Port Saint Nicolas
n°393 - avril 2009
Lecture spirituelle
Rien n’est profane ici bas
« Sans doute, il y a dans nos journées des minutes particulièrement nobles
et précieuses, celles de la prière et des sacrements. Sans ces moments
de contacts plus efficients ou plus explicites, l’afflux de l’omniprésence
divine et la vue que nous en avons s’affaibliraient bientôt jusqu’à
ce que notre meilleur diligence humaine, sans être absolument perdue
pour le Monde, reste pour nous vide de Dieu.
Mais, cette part jalousement faite aux relations avec Dieu rencontré, si j’ose
dire « à l’état pur » (c’est-à-dire à l’état d’Être distinct de tous les éléments
de ce Monde), comment redouter que l’occupation la plus banale, la plus
aborbante, ou la plus attrayante, nous force à sortir de Lui ? Répétons-le :
en vertu de la Création, et, plus encore, de l’Incarnation,
rien n’est profane, ici-bas, à qui sait voir. Tout est sacré, au contraire,
pour qui distingue, en chaque créature, la parcelle d’Être élu soumise
à l’attraction du Christ en voie de consommation.
Reconnaissez, Dieu aidant, la connexion, même physique et naturelle,
qui relie votre labeur à l’édification du Royaume céleste,
voyez le Ciel lui-même vous sourire et vous attirer à travers ses oeuvres ;
et vous n’aurez plus, quittant l’Église pour la cité bruyante,
que le sentiment de continuer à vous immerger en Dieu.
Si le travail vous semble fade et épuisant, réfugiez-vous dans l’inépuisable
et reposant intérêt de progresser dans la vie divine.
S’il vous passionne, faites passer le goût de Dieu, mieux connu
et désiré de vous, sous le voile de ses oeuvres, l’élan spirituel que vous
communique la Matière.
Jamais, en aucun cas, « que vous mangiez ou que vous buviez »…,
ne consentez à faire quoi que ce soit dont vous ne reconnaissez d’abord,
dont vous ne poursuiviez suprêmement ensuite, la signification et la valeur
constructive dans le Christ Jésus. »
Pierre Teilhard de Chardin
Pierre Teilhard de Chardin
Le Milieu Divin
Le Seuil, p. 55-57
n°392 - mars 2009
Béatitudes pour temps de chômage
Bienheureux ceux qui s’appauvrissent pour investir et créer des emplois,
car ils accumulent des richesses dans le Royaume éternel.
Bienheureux ceux qui renoncent à cumuler les emplois
qui ne leur sont pas nécessaires pour vivre dignement,
car ils ont une place assurée dans le Royaume.
Bienheureux les fonctionnaires publics
qui travaillent comme s’ils s’occupaient de leurs propres affaires,
qui facilitent les démarches et étudient sérieusement les problèmes,
leur travail sera considéré comme sacré.
Bienheureux les ouvriers et les employés
qui préfèrent la création de postes de travail pour tous,
plutôt que d’accumuler des heures supplémentaires
et des primes pour eux-mêmes,
parce qu’ils savent où est leur vrai trésor.
Bienheureux les hommes politiques et syndicaux
qui s’attachent à trouver des solutions réalistes au chômage
par-dessus les stratégies et les intérêts partisans,
parce qu’ils accélèrent la venue du Royaume.
Bienheureux serons-nous tous, quand nous cesserons de dire :
« Si je ne tire pas profit de la situation, un autre le fera… »
Quand nous cesserons de penser :
« Quel mal y a-t-il à frauder ? Tout le monde le fait ! »
Quand nous renoncerons à penser :
« Si la loi n’est pas violée, tout est permis »
Parce qu’alors la vie en société sera
une anticipation du bonheur du Royaume.
Mgr Raphael Torija, Évêque de Ciudad Real
n°391 - février 2009
Prière de l’éducateur
Ils vont leur chemin, Seigneur, ces garçons, ces filles,
comme tes disciples vers Emmaüs.
Tu m’as mis sur leur route. Donne-moi de les rejoindre
comme tu m’as rejoint dans mon histoire,
respectant les méandres, les déviances de ma vie.
Apprends-moi non seulement à les voir,
mais à les regarder. Ces visages chiffonnés, lisses,
ou ceux dont le sourire dit le coeur.
Ces yeux vides, fuyants, ou ce regard pétillant d’étoiles.
Que le soir, je rentre à la maison, lourd d’emporter
avec moi tous ces visages, tous ces regards.
Apprends-moi, Seigneur, à rejoindre ton désir sur eux
en embrassant toute l’étendue de leurs propres désirs.
À ne pas me figer sur ce qu’ils sont, mais à me fixer
sur ce qu’ils ne sont pas encore.
Comme toi avec tes deux disciples, donne-moi
de les aider à apprendre que l’essentiel
est de goûter les choses intérieurement.
Apprends-moi envers eux, Seigneur,
l’infinie patience que tu nous portes.
À être l’agriculteur qui respecte leur terreau
et les délais de leurs moissons.
Quand il m’arrive de les voir comme des puits
comblés et desséchés, aide-moi alors, Seigneur,
à soulever pierre à pierre pour dévoiler
ce qui était caché à leur propres yeux.
À être le sourcier de l’eau vive qui dort en eux.
Que je puisse leur dire, comme toi si souvent :
« Lève-toi et marche ».
Que je puisse les inviter à incliner leur coeur
vers cet Autre qui les habite déjà.
Jacques Maréchal
n°390 - janvier 2009
Toi qui fais toutes choses nouvelles
Seigneur, toi qui fais toutes choses nouvelles…
Quand passe le vent de l’Esprit,
Viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui.
Donne-nous la grâce d’une écoute libre, sans préjugés,
sans interprétations hâtives et sans crainte.
Donne-nous de discerner dans la parole des autres,
ce qui pourrait être une invitation à inventer, à oser, à créer.
Donne-nous la grâce d’un regard libre et renouvelé,
qui ne s’arrête pas à la surface des choses,
qui ne s’arrête pas à l’image que nous avons des autres,
et que n’encombre pas le souci de notre propre image.
Donne-nous la grâce d’une intelligence libre, ouverte, aventureuse,
capable de replacer toutes choses dans un contexte plus large ;
sans esprit de système, sans théories toutes prêtes,
sans désir personnel de s’affirmer, sans désir de puissance.
Donne-nous la grâce d’une parole libre,
qui soit toujours respectueuse des autres.
Donne-nous d’offrir aux autres une présence qui délivre.
Cela, nous ne pouvons que le recevoir de Toi.
Donne-nous, pour ce qui est de notre responsabilité,
l’audace de projets ambitieux et la patience de la mise en oeuvre.
Délivre-nous de l’instinct de propriétaire
que nous risquons d’avoir sur les projets que nous formons.
Seigneur, Toi qui fais toutes choses nouvelles,
quand passe le vent de l’Esprit,
viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui.
Anonyme
Édité sur le site de Port Saint Nicolas
n°389 - décembre 2008
Pour nos différences
Toi, le Différent, Dieu Tout-Autre,
nous te remercions pour nos différences
Tu les as créées pour notre joie,
hommes et femmes, de peaux, de cultures,
de religions, de savoirs,
de conditions et de convictions
aux couleurs multiples et changeantes
faites pour la découverte et l’étonnement.
Toi, le Différent, Dieu Tout autre,
nous te demandons pardon pour nos différences,
quand, au-delà de nos différends,
elles sont intolérantes, haineuses et guerrières,
exclusives, blessante et meurtrières.
Dans la grisaille de nos ghettos
elles se dressent comme des murailles.
Toi le Différent, Dieu Tout Autre,
nous te prions pour nos différences.
Donne-nous la force de résister
à ceux qui les nivellent.
Inspire-nous des mots et des gestes
pour ceux qu’elles effraient.
Ouvre nos coeurs
et nos intelligences à leurs beautés.
Fais-nous la grâce d’y découvrir notre unité.
Amen
Anonyme
Édité sur le site de Port Saint Nicolas
n°388 - novembre 2008
O Saint Joseph,
Combien de païens mêmes ont béni l’existence,
qui ne possédaient qu’une écuelle pour manger leur pitance
et qui se servaient du creux de la main pour puiser l’eau !
Et moi, tel qu’un philosophe antique écrivant l’éloge
de la pauvreté sur une table d’or,
je louerais ce que je n’aime point,
je glorifierais ce que je n’accepte que par contrainte !
Des fils et des filles de princes sont descendus
jusque dans les catacombes,
s’y sont nourris de pain dur pour l’amour de votre divin Fils
qui prit part à votre frugalité de Nazareth.
Ah ! Je ne vous ai pas accueilli dans mon âme
avec une assez grande charité, Père des nécessiteux !
Je ne saurais m’asseoir qu’en murmurant
à la table de l’artisan qui se prive,
me coucher dans le lit défait du pèlerin.
Heureux vos vrais disciples qui, dans l’humble auberge,
se privent d’une part de leur nourriture
pour la donner en souriant à leurs petits !
A ceux-là qui ne demandent pas autre chose
appartiendra le Royaume.
Francis Jammes
Le livre de Saint Joseph
Prose 1921, Paris, Plon-Nourrit, 275 p.
n°387 - septembre/octobre 2008
n°386 - juillet/août 2008
Produire une oeuvre viable et durable
« Le commerçant qui développe ses affaires, le chef
d’usine qui voit prospérer son industrie, est-il joyeux en raison
de l’argent qu’il gagne et de la notoriété qu’il acquiert ?
Richesse et considération entrent évidemment pour
beaucoup dans la satisfaction qu’il ressent, mais elles lui
apportent des plaisirs plutôt que de la joie, et ce qu’il goûte
de joie vraie est le sentiment d’avoir monté une entreprise
qui marche, d’avoir appelé quelque chose à la vie…
On tient à l’éloge et aux honneurs dans l’exacte mesure
où l’on n’est pas sûr d’avoir réussi… C’est pour se rassurer
qu’on cherche l’approbation, et c’est pour soutenir
la vitalité peut-être insuffisante de son oeuvre qu’on voudrait
l’entourer de la chaude admiration des hommes,
comme on met dans du coton l’enfant né avant terme.
Mais celui qui est sûr, absolument sûr, d’avoir produit
une oeuvre viable et durable, celui-là n’a plus que faire
de l’éloge, et se sent au-dessus de la gloire, parce qu’il est
créateur, parce qu’il le sait… Le triomphe de la vie est
la création… La création de soi par soi, l’agrandissement
de la personnalité par un effort qui tire beaucoup
de peu, quelque chose de rien, et ajoute sans cesse
à ce qu’il y a de richesse dans le monde. »
Henri Bergson
L’Energie spirituelle, Coll. Quadrige, PUF 1999
n°385 - juin 2008
Prière de Mère Térésa
Seigneur,
quand je suis affamé, donne-moi
quelqu’un qui ait besoin de nourriture.
Quand j’ai soif,
envoie-moi quelqu’un qui ait besoin d’eau
Quand j’ai froid,
envoie-moi quelqu’un à réchauffer.
Quand je suis blessé,
donne-moi quelqu’un à consoler.
Quand ma croix devient lourde,
donne-moi la croix d’un autre à partager.
Quand je suis pauvre,
conduis-moi à quelqu’un dans le besoin.
Quand je n’ai pas de temps,
donne-moi quelqu’un que je puisse aider un instant.
Quand je suis humilié,
donne-moi quelqu’un dont j’aurai à faire l’éloge.
Quand je suis découragé,
envoie-moi quelqu’un à encourager.
Quand j’ai besoin de la compréhension des autres,
donne-moi quelqu’un qui ait besoin de la mienne.
Quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi,
envoie-moi quelqu’un dont j’aurai à prendre soin.
Quand je ne pense qu’à moi,
tourne mes pensées vers autrui.