Publié le 17 mai et intitulé « Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel », le document émane de la Congrégation pour la doctrine de la foi en collaboration avec le Dicastère pour le service du développement humain intégral. Et c’est bien ce à quoi il nous appelle : un développement intégral !


Il ne s’agit pas, en effet, de condamner le système financier mais bien de rappeler que « l’argent doit servir et non pas gouverner » (Evangelii Gaudium, §58). Pour ce faire, il nous rappelle notre finalité : l’engagement pour le bien commun, qui suppose de bâtir une éthique financière s’appuyant sur une juste vision de l’homme. N’hésitons pas à nous (re)plonger dans la doctrine sociale de l’Église.
Revenant sur des problématiques financières bien concrètes (en particulier celles à l’origine de la crise financière de 2008), le texte interroge chacun sur la cohérence entre notre façon d’agir et l’éthique souhaitable. C’est d’ailleurs assez naturellement qu’il prône la mise en place dans les institutions financières d’un comité d’éthique.

En effet, le respect des nécessaires réglementations -face au poids toujours grandissant de certains intervenants, le pouvoir politique et ses régulateurs (transfrontaliers) sont hautement utiles- n’est pas suffisant pour être au service du bien commun. Sous la pression du public et du fait de différents scandales, plusieurs banques travaillent dans ce sens : respect de la lettre mais aussi de l’esprit. La Responsabilité sociale et environnementale (RSE) tend ainsi à passer du statut d’une contrainte gérée par quelques-uns à celui d’un élément important de la stratégie de l’entreprise. Mais il reste encore du chemin !

Enfin, ce document conclut sur le rôle que chacun d’entre nous peut jouer. Les membres du MCC se retrouveront bien dans cette partie totalement en ligne avec notre charte : en vue de bâtir un monde plus humain, il invite ses membres à témoigner de leur Espérance, en cherchant à vivre et travailler autrement et en sachant y mettre le prix.
Au-delà des nécessaires évolutions (transparence financière, réglementations, rôle des États, gestion de la dette), nous sommes chacun d’entre nous acteur comme professionnel engagé, consommateur et épargnant. Notre marge de manœuvre existe au bénéfice du bien commun dans un souci de solidarité.

Patrick Degiovanni, ancien responsable national du MCC – dirigeant d’une entreprise financière

« Questions économiques et financières » -Oeconomicae et pecuniariae quaestiones