« Je travaille donc je suis » : le témoignage d’une équipière

////« Je travaille donc je suis » : le témoignage d’une équipière

En septembre dernier, dans un numéro de Responsables consacré au thème d’expression, Patricia Lormeau, responsable nationale, signait un article dans lequel elle interrogeait notre relation au travail et son rôle dans notre identité et l’accomplissement de nos vies, en s’inspirant de la carrière à rebonds de Maria Callas. Interpellée par cet article, une lectrice réagit.


« À peine un an après avoir débuté ma vie professionnelle dans un prestigieux cabinet d’expertise-comptable et de commissariat aux comptes, j’ai été diagnostiquée d’une maladie auto-immune. Durant 4 ans, j’ai été confrontée à la discrimination ainsi qu’à de longs mois de chômage entrecoupés d’embauche pour question de quota de « travailleurs handicapés », jusqu’à ce que j’accepte de me reconvertir et de devenir inspecteur des finances publiques.

J’ai longtemps été incapable d’exprimer le mal être que j’ai ressenti durant ces 4 années et pourquoi il m’a fallu plusieurs années pour me reconstruire. Puis, en novembre dernier, lors de notre réunion d’équipe du MCC nous avons lu l’article de Patricia Lormeau « Je travaille donc je suis ». Chaque mot résonnait profondément en moi. Non seulement je me reconnaissais dans le parcours de la Callas (le désarroi alors que le corps ne peut plus suivre, la reconversion nécessaire, réapprendre à travailler sous une forme moins prestigieuse…) mais en plus cet article légitimait mon mal être (« le travail est structurant dans la vie », « on voit combien les chômeurs souffrent »). Je mettais enfin des mots sur mes maux. Les membres de mon équipe ont pu assister en direct à cette révélation. Submergée par les émotions, j’ai eu le plus grand mal à leur expliquer ce qui venait de se passer en moi.

Mon nouveau travail m’a rendu ma dignité et m’a permis de me reconstruire. Parce que sont reconnues mes qualités professionnelles, qu’il valorise mes compétences et me permet de contribuer à la construction du bien commun, ce travail m’a ainsi permis de retrouver ma place au sein de la société et de m’épanouir. Sans travail, ma vie ne se résumait plus qu’à ma maladie. Dans mon cas, “je travaille donc je suis plus forte que la maladie” ».

Béatrice

2018-04-26T08:59:01+00:00