Même si on s’y habitue, la dimension planétaire d’une session de l’OIT, en l’occurrence la 102e de juin dernier, est toujours impressionnante. Malgré les blocages, la démarche tripartite et la volonté d’aboutir qui porte aux concessions sont remarquables. C’est un vrai défi avec 185 États partenaires !


Imprimer cet articleDans son rapport annuel, le directeur général a souligné les grands principes qui animent l’institution internationale : tripartisme, importance de l’édification de normes applicables à tous, nécessaire ratification des conventions. Soit une mise au point tout à fait saine, réaliste et porteuse d’une relance dynamique ! Un temps aussi pour accorder les violons et permettre une meilleure audition du concert des nations, celui de la solidarité multilatérale et de la justice sociale.

Le drame du Rana Plaza au Bangladesh avec ses 1127 morts a souvent été évoqué à l’appui du rôle des normes, de l’absolue nécessité de les faire appliquer et de l’impérative sensibilisation des entreprises et… des consommateurs. Les Pays Bas ont proposé de former une Inspection du travail dans ces pays. L’emploi des femmes et le chômage des jeunes ont aussi été au centre de beaucoup d’interventions. Quand les chiffres évoqués sont ceux de la planète, cela donne le vertige…

L’OIT offre, rappelons-le, une irremplaçable tribune aux travailleurs. Elle leur permet à coup de chiffres et de faits, de dévoiler devant les représentants du monde entier, une réalité souvent occultée et de dénoncer la compétitivité pour la compétitivité : celle qui a « trop le souci du moteur et pas suffisamment celui des hommes ». Et d’entendre les chiffres de la misère (1,5 $ par personne et par jour) mais aussi ceux du progrès avec l’apparition dans les pays émergents d’une classe moyenne sortie de la pauvreté. Avec la nouvelle direction, anglo-saxonne, l’accent est en outre mis sur l’importance du suivi et de l’accompagnement concret en lien avec les entreprises : moins parler, plus agir terrain !

Plus je lis les brochures et rapports élaborés, plus je suis frappée par la proximité avec la Pensée sociale de l’Église : une volonté de construire le Bien commun, de promouvoir la dignité et le respect de l’homme où qu’il soit et quel qu’il soit (homme ou femme, religion, culture, santé, handicap…). Sans être naïve car les jeux de pouvoir et compromissions ne sont pas absents, ou idéaliste, je pense souvent à la présence de l’Esprit dans cette construction humaine !

Maddie Flichy