Passons sur l’autre rive !

////Passons sur l’autre rive !

C’est sur ce passage de Marc (4,35) que s’est ouverte la Rencontre spirituelle d’automne 2014 du Mont des Cats en réponse à la question que se posent bien des aînés du MCC : « De quoi suis-je encore capable alors que je suis devenu plus conscient de mes limites ? »


Cette injonction de Jésus à ses disciples est parfois citée pour suggérer la Résurrection. En fait ici, pour Jésus, les disciples doivent oser se rendre sur l’autre rive du lac de Tibériade pour y rencontrer des gens dont on ne pense que du mal en Galilée : des païens, dont le pays est hanté par des démons… Disciples du XXIème siècle, nous sommes invités à notre tour à partir à la rencontre des autres et renoncer à la tentation du confort en chargeant les générations plus jeunes de le faire à notre place.

Le passage à la retraite ne nous a pas dégagés de nos responsabilités, chrétiennes ou autres. Bien au contraire, nous sommes devenus plus libres et, sauf si l’âge a réduit nos capacités, nous sommes devenus plus disponibles. Le Christ nous engendre chaque jour comme le Père l’a fait pour son Fils et nous devons chaque jour identifier les dons nouveaux que nous venons de recevoir pour les valoriser.

Selon St Augustin, aller à la rencontre des autres, c’est, pour le chrétien, plus un désir qu’un devoir. Rencontrer, c’est se mettre en mouvement, puis écouter et observer avec bienveillance les modes de vie et de pensée de ceux qui sont « autres ». C’est aussi accepter de nous « décentrer » pour sortir du cercle où nous nous sommes installés depuis si longtemps et où nous nous sentons si bien ! Et de renoncer à des certitudes qui nous sécurisent depuis si longtemps ! Mais aller vers l’autre ne va pas sans risques… Sur la traversée du retour, les disciples affrontent une tempête et sont pris d’effroi. Jésus les interpelle alors : « Pourquoi avez-vous eu peur ? Comment n’avez-vous pas de foi ? »

Bien sûr, avant de partir au loin, il faut faire appel à sa raison pour préparer le voyage et réduire les risques d’incidents. Mais la foi nous sera toujours nécessaire pour surmonter les inévitables obstacles et, pourquoi pas, parvenir au-delà du résultat escompté.

C’est dans nos engagements que nous devrons associer les trois vertus dites théologales :

— La foi au Christ qui est à nos côtés « jusqu’à la fin des temps » (Mt~28,20)

— L’espérance qui ne déçoit pas (Rm 5,5)

— La charité, c’est-à-dire l’amour du prochain, indissociable de celui de Dieu (Mc 12,28-34).

François Renosi

2014-11-25T14:50:05+00:00