Didier Van Cauwelaert, d’abord romancier, est fasciné par ce qui dépasse l’entendement et le rationnel et a déjà écrit plusieurs essais sur ce sujet. Il a fait ici un travail impressionnant d’enquêtes pour nous livrer ce nouvel ouvrage, écrit pour déstabiliser celui dont la seule boussole est la science reconnue et la raison.

Le mot important du titre n’est pas « miracle » – tout le monde sait que les miracles existent, croyants ou incroyants -, c’est le mot insolence. Elle met de l’humour et de la légèreté dans le livre, tout en en étant le socle.

L’auteur décrit, de façon très détaillée et documentée, près de vingt lieux où des miracles se sont produits, souvent avec des manifestations matérielles vérifiables par des photos ou des films, ou constatées par des scientifiques non susceptibles de complaisance. Tous se situent dans le cadre de la religion catholique, sauf un, à La Mecque, où la Vierge Marie apparaît devant une foule musulmane.

L’insolence de ces miracles apparaît par deux entrées.

La plus connue concerne la réticence des autorités catholiques à reconnaître le caractère miraculeux de ce qui est rapporté. Cette prudence est de bon aloi. Mais Van Cauwelaert se délecte lorsqu’il décrit certaines de ces autorités s’arc-boutant sur leurs certitudes raisonnables… pour finir, longtemps après, par admettre le miracle.

La deuxième entrée est moins connue, mais a une portée spirituelle plus large. Dans plusieurs cas, les personnes bénéficiaires des miracles sont totalement indifférentes à toute foi, voire violemment opposées. Dans les Évangiles, nombreux sont les exemples où Jésus tend sa main miséricordieuse à celui qui est « hors champ ».

Notre livre donne des exemples similaires. L’auteur nous invite à nous laisser bousculer par ce qui nous dérange, tout en s’abstenant de toute tentative de tirer des preuves de ces témoignages.

Arnaud Laudenbach

 

L’insolence des miracles, Didier Van Cauwelaert, Plon, 2023, 261 pages, 21,90€