Organisées par le Cercle des économistes du 5 au 7 juillet, les 19e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence avaient pour thème « Renouer avec la confiance ! ». Pour la newsletter du MCC, Bernard Devert, président-fondateur d’Habitat et Humanisme, association qui lutte contre le mal logement, revient sur les points marquants.

Les économistes ont placé, cette année, leur rencontre sur le thème de la confiance alors que nous assistons au choc des inégalités, de l’importance de la dette, de l’éclatement du vieillissement, de l’augmentation des flux migratoires avec le réchauffement climatique, de la formation, qui n’est pas sans susciter un fossé entre les emplois en attente et un chômage qui résiste.

La confiance crée un avenir pour être un refus de céder aux fatalités mais aussi aux facilités créatrices du chaos.

Les marges de manœuvre sont obérées par un autre choc, un populisme montant qui instrumentalise les colères, souvent justes, sans laisser le temps de trouver des réponses réduisant les brutalités de la misère.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invité à ces rencontres économiques rappelait qu’on va dans le mur quand il n’y a plus de régulation et de justice, ou encore lorsque le pragmatisme l’emporte sur la question du sens et la vision.

Le choc de l’injustice brise la confiance. Les plus fragiles considèrent alors qu’ils ne sont pas dignes d’intérêt. Terrible constat ! Observons que, dans la crise sociale qui a émergé avec les Gilets jaunes, les pauvres sont restés des invisibles.

Les premiers accidentés de la société sont en panne de soins. Or, qu’est-ce que la confiance, sinon précisément, un prendre-soin. Quand il n’est pas au rendez-vous, les blessures s’infectent et le corps social souffre et se délite.

Un des soins à réaliser en urgence est celui pour les 7,5 millions de foyers qui vivent dans des immeubles se révélant des passoires thermiques. Une désolation amère ; quelle inégalité ! Les plus faibles ont des charges énergétiques plus élevées que les plus aisés, d’où un sentiment d’abandon, accompagné d’une rupture de confiance.

Or, réduire la charge énergétique – comme répété très justement et à l’envi, mais sans effet – augmenterait automatiquement le reste pour vivre de trop de ces familles qui, ne parvenant pas à vivre décemment, courent pour elles-mêmes un grand danger ; il n’est pas non plus sans risque pour la société.

Prendre en compte cet investissement serait témoigner que la nation est travaillée par sa détermination à donner, redonner confiance à ceux qui l’ont perdue pour se sentir à part.

La confiance construit la communauté nationale, non point par des mots mais par des actes.

Bernard Devert

C’est la rentrée, le moment de s’engager !

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