Comment digitaliser sans déshumaniser ? Depuis fin 2014 et ma rencontre marquante avec le robot Pepper d’Aldebaran Robotics, cette question ne cesse de m’obséder. J’ai tout d’abord ressenti le besoin de créer un cercle de réflexion, appelé « Think About IT » (ie : réfléchis bien avant d’innover !), puis une possible réponse à travers ma start-up, en développement professionnel The Place to Coach, qui facilite la recherche de coach professionnel bienveillant, grâce à un algorithme de matching. Il est salutaire de s’interroger chaque jour sur le sens de ces innovations de rupture qui naissent et se développent, parfois à la vitesse de l’éclair, comme un « pharmakon », pour reprendre le terme du philosophe Bernard Stiegler dans La Société automatique, l’avenir du travail (Fayard, 2015) : en grec, le pharmakon désigne à la fois le remède et le poison. Et pour Stiegler, toute technologie est à la fois poison et remède.

J’ai toujours pensé que le succès venait d’un savant équilibre entre réflexion et action, et qu’entreprendre signifie aussi discerner, qu’aller vite, doit se faire lentement. C’est dans cette injonction paradoxale, que je puise chaque jour la force d’une vision technophile, mais aussi dans ce qui est devenu désormais pour moi a « Great Place to Work » : Station F, le plus grand incubateur du monde, créé par Xavier Niel, où nous sommes désormais installés. Une ruche où nouvelles technologies riment avec innovation, pollinisation, échanges, audace, où chacune et chacun peuvent mettre l’existant et le réel au défi de son imagination, et de sa soif d’entreprendre. Un lieu technophile, qui protège et qui libère. Tout comme le métier de coach.

Timothée Ferras, CEO The Place to Coach


Biographie :

  • 1996 : Diplômé ESCP Europe
  • 2006 à 2014 : Dir. Développement RH (Zodiac, Natixis, ICP)
  • 2014 : Coach certifié
  • 2015 : Fonde The Place to Coach, marketplace (place de marché) de coachs avec algorithme de matching (appariement) pour trouver le coach qui correspond aux valeurs et personnalité de chacun