Rendez-vous le mercredi 16 juin à 20h30 sur Zoom avec Jean-Marie Patoureaux, équipier qui a réalisé toute sa carrière d’ingénieur agronome au service du monde paysan dont il est issu, dans les filières agricoles de qualité et la certification de qualité de l’alimentation. Il a été expert permanent à la Commission nationale des labels.

L’agroécologie et le réchauffement climatique sont ses centres d’intérêts majeurs. Président du CCFD-Terre Solidaire 04, première ONG française de développement, il travaille dans ce cadre sur l’agro-écologie dans les pays du Sud.

Notre modèle agricole et alimentaire a des impacts environnementaux et humains importants. La planète ne pourra donc pas nourrir la population mondiale sans des changements significatifs. La transition vers des systèmes agricole et alimentaire durables est de ce fait une nécessité.

Jean-Marie Patoureaux répondra aux questions suivantes :

  • Quels sont les constats sur l’impact environnemental (GES, biodiversité) et humain du système agricole et alimentaire actuel en particulier en France, mais aussi dans les pays en développement ?
  • Quelles sont les pratiques vertueuses à encourager en matière d’agriculture et d’élevage ? Quels exemples ? L’agriculture peut-elle se convertir ?
  • Quelles leçons tirer des leçons des pays du Sud en matière agricole ? Qu’apporte-t-on aux pays du sud ?
  • Que pourrait-on faire au niveau collectif et individuel ? En particulier, quels messages sont à passer aux personnes qui travaillent dans le domaine agro-alimentaire ?
  • Que faire pour réduire l’impact environnemental de notre alimentation ?

Ce webinaire est ouvert à tous. Vous pouvez vous inscrire sur le site de passeurs d’avenirs.

Marie Castillo, responsable d’équipe dans le secteur de Versailles, membre du trinôme Transition écologique pour la préparation du Congrès

 

Découvrir les articles récents de Jean-Marie Patoureaux dans la newsletter :

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Agriculture et alimentation : au cœur de la transition écologique ?

Notre mode d’alimentation a un impact environnemental important.

Compte tenu des impacts économiques, environnementaux et sanitaires de notre mode de production agricole, la planète ne pourrait pas nourrir la population mondiale sans des changements significatifs des modes de production, de distribution et de consommation. La transition vers des systèmes alimentaires durables et justes est de ce fait une nécessité.

Face à ces défis qui posent notamment la question de la souveraineté alimentaire, le pape François dans l’encyclique Laudato Si invite les autorités à prendre des mesures de soutien aux petits agriculteurs et à la variété de la production, appelant à des formes de production plus diversifiées (LS n° 129).

Dans les pays occidentaux, se pose également la question de la robustesse de la production agricole et de la filière agro-alimentaire en lien avec la transition alimentaire.

« Comprendre » : les défis de la transition alimentaire

Notre mode d’alimentation a un impact environnemental important. Nous disposons de beaucoup plus de calories que nécessaire, et la consommation de viande dépasse les besoins physiologiques. Or sa production est très coûteuse en énergie (3 à 8 calories végétales sont nécessaires pour produire une calorie animale), en eau, et elle est à l’origine de la production du puissant gaz à effet de serre qu’est le méthane produit par les animaux ruminants.

L’impact de notre alimentation est renforcé par le développement du gaspillage alimentaire. Un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillée. En France, nous jetons 21% des aliments que nous achetons, soit 6,5 Ms de tonnes de déchets alimentaires par an (20 kg/an/personne).

Notre mode d’alimentation a également un impact sur la santé avec l’augmentation moyenne de la ration calorique journalière, l’excès de sucres et de gras et la baisse de l’activité physique : surpoids, obésité, diabète. Nos choix alimentaires, lorsqu’ils sont extrêmes, ont enfin des conséquences sur notre état psychique et nos émotions.

« Espérer » vers la transition alimentaire

La première étape de cette transition vers des systèmes alimentaires plus durables suppose une évolution de la production agricole.

L’agriculture durable, à haute valeur environnementale ou l’agro-écologie font partie des solutions mises en place par des agriculteurs pionniers. Elles se basent notamment sur l’utilisation des ressources et services apportés par la nature pour réduire au maximum l’utilisation d’intrants de synthèse : engrais, pesticides ou antibiotiques. Ces intrants sont remplacés par des intrants « naturels » (fumiers organiques, biocontrôle,..). (voir rapport France Stratégie, 2020).

Par ailleurs, des circuits plus directs de vente des produits agricoles permettent de valoriser le travail des producteurs locaux. Cette démarche fait écho à l’appel du pape dans Laudato Si face aux systèmes de production intensifs : « Il y a une grande variété de systèmes alimentaires ruraux de petites dimensions qui continuent à alimenter la plus grande partie de la population mondiale, en utilisant une faible proportion du territoire et de l’eau, et en produisant peu de déchets, que ce soit sur de petites parcelles agricoles, vergers ou grâce à la chasse, à la cueillette et la pêche artisanale » (LS 129).

A l’occasion de l’inauguration de la décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale (2019-2028), le pape François, dans une lettre au directeur général de la FAO, soutient une comparaison entre le modèle familial et le modèle agricole. La famille peut nous aider à comprendre « l’interconnexion de l’humanité, de la création et de l’agriculture ».

De nombreux exemples en France comme celui des « Fermes d’avenir » (cf web conférence du 02/12/2020 avec Maxime de Rostolan), les CIVAM (centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural), les incitations financières aux changements de pratiques nous donnent également des raisons d’espérer. Ils partagent l’objectif de développer des projets agricoles plus durables et de former les acteurs de la transition agro-écologique.

Selon « l’Etat des lieux mondial de l’alimentation en 2020 » (Kantar et Salon international de l’alimentation, 20 octobre 2020), 73% des consommateurs interrogés ont changé leur comportement alimentaire au cours des deux dernières années « pour opter pour une alimentation plus saine » (70%), mais aussi « pour privilégier du local et de saison » (53%) et « des ingrédients plus sûrs ou plus sains » (44%). Car les transformations agricoles ne seront possibles que si elles sont valorisées par les consommateurs.

A lire : www.la-croix.com/Economie/consommation-alimentaire-engagee-citoyenne-2020-10-20-1201120473

« Agir »

Que puis-je faire au quotidien pour modifier mon alimentation ? « La conscience de la gravité de la crise culturelle et écologique doit se traduire par de nouvelles habitudes » (LS n° 209).

Je peux :

  • réduire ma consommation de viande pour réduire mon empreinte écologique. Pour aller plus loin : www.jesuites.com/fiche-ecojesuit-n14-manger-de-viande/
  • lutter contre le gaspillage alimentaire : « le gaspillage des ressources de la Création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes » (LS 6). « Lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre » (LS 50). Pour aller plus loin : www.jesuites.com/fiche-ecojesuit-n27-eviter-le-gaspillage-alimentaire/
  • consommer des produits de qualité, valorisant les pratiques plus durables, d’origine locale et de saison en privilégiant les producteurs locaux en vue notamment de créer du lien avec eux, les circuits courts, en adhérant à une (AMAP www.reseau-amap.org), Pour aller plus loin : www.jesuites.com/fiche-ecojesuit-n13-consommer-local/
  • consommer des produits issus de pratiques agroécologiques en m’informant sur les labels existants.
  • pratiquer la sobriété alimentaire sans excès en prenant le temps de savourer la nourriture. Il faudrait « cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger » (LS 216).

Quels jalons mettre en place pour le réveil d’une spiritualité écologique liée à mon changement de style de vie s’agissant de ma façon de me nourrir ? Comment puis-je rencontrer Dieu à travers mon alimentation ? Que signifie pour moi le Pain de vie ? L’Eucharistie ?

La conversion écologique suppose l’expérience de notre finitude en retrouvant le sens de la privation et du jeûne (par exemple à travers le Carême, un chemin sans viande et sans poisson) et de laisser ainsi la place aux autres. « Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie » (LS 223).

Le pape François nous invite à nous « arrêter pour rendre grâce à Dieu avant et après les repas. » (LS 227).

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